L'opposition écrasée par le régime Kabila.
Pendant que tous les yeux sont tournés vers le nord-est du Congo, où les rebelles de Laurent Nkunda et l'armée congolaise s'affrontent depuis des mois, le gouvernement congolais exercerait une répression brutale contre ses opposants dans le reste du pays.
Selon un rapport de l'organisme américain Human Rights Watch (HRW), les forces de sécurité du président Joseph Kabila ont tué au moins 500 opposants au régime au cours des deux dernières années.
Plus de 1000 opposants auraient aussi été emprisonnés et plusieurs d'entre eux torturés depuis les élections de 2006, à la suite desquelles le gouvernement de Jospeh Kabila s'était pourtant engagé à rétablir la démocratie dans le pays. Or, cette répression n'a jamais cessé, précise HRW.
Dans son rapport de 96 pages publié mardi, Human Rights Watch documente la violence et l'intimidation dont fait usage le gouvernement congolais pour se débarrasser des opposants.
Selon l'organisme de surveillance des droits de l'homme, le président Kabila interviendrait lui-même en donnant des ordres à ses services de sécurité pour éliminer ceux qu'il appelle « les ennemis de la démocratie ».
Tandis que tout le monde se concentre sur les violences dans l'est du Congo, les exactions du gouvernement contre les opposants politiques attirent peu d'attention.
— Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior à la division Afrique de Human Rights Watch
« Les efforts pour construire un Congo démocratique sont étouffés non seulement par la rébellion, mais aussi par la répression menée par le gouvernement de Kabila. », ajoute-t-elle.Selon HRW, pour profiter des abondantes richesses du pays, les bailleurs de fonds internationaux et les partenaires étrangers de la République démocratique du Congo maintiennent le silence sur cette répression pour ne pas se mettre à dos le gouvernement Kabila.
L'organisation ajoute que les rapports de l'ONU sur la répression du régime congolais contre l'opposition ont été « délibérément enterrés ou publiés trop tardivement ».
Des fonctionnaires ont bloqué les tentatives d'enquêtes de la part [...] de l'ONU, de défenseurs congolais et internationaux des droits de l'homme, et de membres des familles des victimes.
— Human Rights Watch
L'ONU tente de mettre des réfugiés à l'abri
Pendant ce temps, la situation demeure des plus précaire dans le nord-est du Congo où des dizaines de milliers de civils s'entassent dans des camps de réfugiés pour fuir les combats entre les rebelles du Congrès pour la défense du peuple (CNDP) et l'armée congolaise et ses milices.
Mardi, les représentants de l'ONU et les Casques bleus de la MONUC s'apprêtaient à déplacer vers des zones plus sécuritaires plus de 30 000 de 67 000 civils qui ont trouvé refuge dans des camps près de la ligne de front. En plus des conditions de vie qui y sont des plus difficiles, ces camps sont régulièrement le théâtre d'exactions (violence, viols, vols, assassinats) de la part des troupes congolaises et parfois des rebelles, précise l'ONU.
Photo: AFP/Walter Astrada
« Nous sommes prêts à commencer le transfert sur une base volontaire des civils congolais qui se trouvent dans une situation précaire dans les camps de Kibati, au nord de Goma », a précisé mardi un porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
« Nous craignons que ces civils, déjà dans une situation humanitaire dramatique et désespérée, soient pris entre les tirs en cas de résurgence des combats dans la région », a-t-il ajouté.
Les combats entre la rébellion de l'ex-général Laurent Nkunda et les forces gouvernementales congolaises dans le nord-est de la République démocratique du Congo ont fait plus de 250 000 réfugiés au cours des derniers mois, selon les estimations du HCR.
Radio-Canada.ca avec Human Rights Watch.
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