Kagame et Kabila d'accord pour participer à un sommet.
Lefigaro.fr (Avec AFP)
31/10/2008 | Mise à jour : 20:53
Les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila ont donné leur accord pour participer à un sommet international pour ramener la paix dans l'est de la RDC, a affirmé vendredi le porte-parole du commissaire européen à l'Aide humanitaire Louis Michel.
Depuis le début de la crise qui a éclaté avec une nouvelle offensive des rebelles du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), contre l'armée gouvernementale congolaise, Paul Kagame avait refusé toute rencontre avec son homologue congolais.
Le président rwandais affirmait que les ressorts politiques de la crise étaient purement congolais et que le Rwanda n'avait pas à en discuter. Le régime rwandais, dominé par les Tutsis, est considéré par Kinshasa comme le principal appui de Laurent Nkunda, ce que Kigali dément.
«Un massacre comme il n'y en a jamais eu»
Les ministres français et britannique des Affaires étrangères Bernard Kouchner et David Miliband sont en route vers Kinshasa et Goma, en RDC, et à Kigali, au Rwanda, pour essayer de contribuer à une solution à la crise en RDC. Des dizaines de milliers civils ont été jetés sur les routes par les combats qui ont sévi dans cette région. Pour le chef de la diplomatie française, la RDC est le théâtre d'une «massacre comme il n'y en a jamais eu en Afrique».
La mission franco-britannique s'est fixé plusieurs objectifs : «faire en sorte que la situation se stabilise et que politiquement les différents acteurs acceptent de se parler», «faire un point sur la situation des populations civiles», «évaluer la situation sécuritaire». La France a proposé l'envoie d'une mission de 2000 à 3000 soldats européens. Mais plusieurs états membres, l'Allemagne en particulier, souhaitent privilégier l'option diplomatique.
Goma, ville principale de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) est le lieu d'affrontements entre les troupes du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), et l'armée régulière de RDC. En début de semaine, la rébellion, qui se trouve aux portes de Goma, a pris le dessus sur les troupes régulières dans l'est de la RDC, avant de proclamer un cessez-le-feu unilatéral mercredi.
Déplacement sensible
Nicolas Sarkozy a réitéré son «plein soutien» au président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila. Le déplacement de Bernard Kouchner à Kigali est politiquement sensible. Les relations sont orageuses entre la France et le Rwanda depuis le génocide de 1994, auquel Kigali accuse Paris d'avoir contribué. Les deux pays n'entretiennent pas de relations diplomatiques, bien que Bernard Kouchner se soit rendu au Rwanda en janvier dernier.
Le commissaire européen à l'Aide humanitaire Louis Michel a jugé vendredi à Kigali que la solution à la crise se trouvait à «95%» entre les mains du gouvernement de RDC, à l'issue d'un entretien avec le président rwandais Paul Kagame, sous entendant que le gouvernement de la RDC désarme les FLDR, rébellion hutue rwandaise des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, basée dans l'est de la RDC, vues comme une menace par le tutsi congolais Laurent Nkunda. «Je pense que la communauté internationale doit jouer aussi son rôle dans le désarmement et le rapatriement des FDLR», a expliqué Louis Michel.
Les combats ont jeté sur les routes des dizaines de milliers de réfugiés, selon les organisations humanitaires. La situation des populations déplacées est catastrophique. «Plusieurs camps de personnes déplacées près de la ville de Rutshuru, à 90 km au nord de Goma, ont été vidés par la force, pillés et brûlés», a annoncé vendredi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés. Selon le HCR, des exactions ont été commises «par les troupes rebelles» du général tutsi déchu Laurent Nkunda. L'Unicef s'est inquiété vendredi d'un éventuel déclenchement d'une épidémie de choléra et de rougeole parmi les dizaines de milliers de déplacés regroupés aux portes de Goma. Profitant de l'arrêt des combats, des dizaines de personne ont voulu regagner leur domicile, au nord de Goma, mais ils ont alors découvert leurs maison complètement pillées.